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sexta-feira, 7 de novembro de 2008

La marine espagnole

La marine espagnole

Le porte-aéronefs Principe de Asturias
crédits : ARMADA ESPANOLA


30/10/2008

La Marine espagnole a lancé fin 2007 la construction des quatre sous-marins du type S 80 destinés à remplacer les quatre Daphné, dont le dernier exemplaire a été désarmé en 2006. Comme le premier S 80 ne sera pas opérationnel avant 2013 au mieux, elle ne peut compter pour le moment que sur ses quatre Agosta.


Le S 80 (© : NAVANTIA)

Elle a obtenu en 2007 l'autorisation de commander un sixième destroyer lance-missiles du type F 100 dont les quatre premiers exemplaires sont maintenant en service, la mise sur cale du cinquième, le Roger de Lauria, devant intervenir cet hiver pour un lancement prévu en 2010. Ces bâtiments de défense aérienne dotés d'équipements essentiellement américains vont pouvoir également être utilisés pour la défense anti-missile balistique et l'action vers la terre car ils devraient recevoir à partir de 2011 des missiles américains SM-3 et Tomahawk.


Destroyer du type F 100 (© : ARMADA ESPANOLA)

La construction des quatre premiers patrouilleurs océaniques du type BAM est en cours, sa mise à flot étant prévue en 2009. Les quatre suivants seront mis sur cale en 2009 et 2010. Ces bâtiments remplaceront les ex-corvettes du type Descubierta utilisées comme patrouilleurs depuis plusieurs années maintenant.


BAM (© : NAVANTIA)

Navantia a également procédé, cette année, au lancement du Juan Carlos I, porte-hélicoptères d'assaut dont une version dérivée a été sélectionnée par la Marine australienne. Avec ce bâtiment, la flotte espagnole va pouvoir disposer à la fois d'un deuxième porte-aéronefs pouvant se substituer au Principe de Asturias lors de ses indisponibilités, car il est doté d'un tremplin lui permettant la mise en oeuvre d'avions EAV-8B, et d'un grand bâtiment amphibie également, avec son radier et ses hélicoptères, qui viendra compléter et renforcer les deux transports de chalands de débarquement du type Galicia. Enfin elle va recevoir en 2009 un deuxième grand pétrolier-ravitailleur, le Cantabria qui constitue une version améliorée du Patino.


Porte-hélicoptères du type BPE (© : NAVANTIA)


Pétrolier du type Patino (© : NAVANTIA)

Que va apporter le Rafale Marine ? Questions à l'amiral Richard Willmot-Roussel [ MER ET MARINE - V. GROIZELEAU] crédits : MER ET MARINE - V. GROIZEL

Que va apporter le Rafale Marine ? Questions à l'amiral Richard Willmot-Roussel
31/10/2008

L'aéronautique navale française est en pleine rénovation. Après les Rafale F1, puis F2, la modernisation au standard F3 des appareils de la chasse embarquée a débuté. En tout, la marine doit recevoir 60 Rafale, afin de remplacer les intercepteurs Crusader, retirés du service à la fin des années 90, et les avions d'assaut Super Etendard Modernisés, qui doivent voler jusqu'au milieu de la prochaine décennie. Nous faisons aujourd'hui le point sur le programme Rafale avec le vice-amiral d'escadre (2S) Richard Willmot-Roussel, premier commandant du porte-avions Charles de Gaulle, en 1997, et aujourd'hui conseiller marine du président de Dassault Aviation.

Mer et Marine : Quelles capacités supplémentaires le Rafale M offre-t-il ? Observe-t-on une augmentation significative de la capacité d'action du groupe aéronaval grâce au Rafale ?


Richard Willmot-Roussel : Sans évoquer la mise en oeuvre d'un nouveau système d'armes en particulier (par exemple : Scalp, Mica, AASM, ASMP/A, pod de reconnaissance Reco NG,...), on peut chiffrer rapidement les nouvelles capacités d'un groupe aérien composé d'un même nombre de Rafale ou de SEM, en comparant les masses maximums catapultables. Le SEM a une "masse opérationnelle" (différence entre masse à vide et masse maximum catapultable) d'environ 5 tonnes. Pour le Rafale M, on passe à 10 tonnes. On a donc doublé la "masse opérationnelle" de chaque avion catapulté, alors que le déplacement du porte-avions Charles de Gaulle est seulement d'un tiers supérieur à celui de ses prédécesseurs. Derrière cette "masse opérationnelle", le commandement du groupe aérien peut jouer sur sa répartition entre deux grands postes : le carburant (et donc le rayon d'action) et l'emport de l'armement, c'est-à-dire la capacité d'action.

Cet avion constitue-t-il un challenge technologique ?


Certainement, dans tous les domaines. En premier celui de mettre en oeuvre sur un porte-avions un aéronef à aile delta. Cette solution permet d'optimiser un avion de combat en matière de manoeuvrabilité et de capacités d'emport. En contrepartie, elle nécessite de maîtriser le domaine des basses vitesses à l'appontage (il n'y a pas de volets d'atterrissage sur une aile delta) tout en laissant au pilote le champ visuel lui permettant de se poser en toute sécurité. Cette contrainte est surmontée brillamment par les commandes de vol électriques-numériques du Rafale.
Bien d'autres challenges ont été relevés, comme par exemple celui de concevoir un système d'armes totalement intégré qui fait du Rafale un avion omnirôle, c'est-à-dire capable de mener au cours d'une même mission, de jour comme de nuit, des attaques air-sol, air-mer et air-air.

Calendrier actuel de livraison du standard F3 ?


Fin 2008, la Marine aura reçu son vingt sixième Rafale. Les livraisons au standard F3 ont débuté au mois de septembre 2008. Dans le même temps, les avions déjà livrés ont commencé leur mise à hauteur pour passer du standard F2 à F3. Je vous rappelle que le standard F3 est particulièrement important pour la Marine car il donne les capacités ASMP/A, AM 39 et Reco NG au Rafale. Pour la suite, le calendrier de livraison des Rafale M est lié à la LPM qui vient seulement d'être déposée sur le bureau de l'Assemblée nationale. On peut simplement indiquer aujourd'hui que ce calendrier est dépendant du retrait du service actif des SEM.

Premiers retours d'expériences du Rafale ?


Pour évoquer seulement les Rafale M, nous pouvons être très satisfaits du retour d'expérience communiqué par la Marine après le déploiement des Rafale embarqués sur le PA Charles de Gaulle pendant sa mission en Océan indien en 2007. Ces avions ont largement participé au soutien des troupes engagées en Afghanistan, effectuant, entre autres, des tirs de précision avec des bombes AASM ou GBU 12. Par ailleurs, le déploiement de la flottille 12 F aux USA, et plus particulièrement sur le porte-avions US Roosevelt en juillet dernier, a montré que les équipages français savaient impressionner leur homologues américains par leur grand professionnalisme, par la qualité de leur avion et, notamment, par sa parfaite interopérabilité.

On entend parfois dire que le Rafale sera vite dépassé, notamment si on le compare au futur F-35 ou au F-22 Raptor. Que répondez-vous ?


Le F-22 et le Rafale sont des avions contemporains mais qui ne boxent pas dans la même catégorie. L'avion américain est un appareil furtif de supériorité aérienne qui a été conçu pour être sans rival en la matière. Son prix à l'unité est entre deux et trois fois celui du Rafale. Très rares sont les pays qui pourraient se payer un tel engin (dans l'hypothèse où les Etats-Unis accepteraient de l'exporter) : le Japon, l'Arabie saoudite, peut-être Israël... le Rafale est plus petit, moins cher et, surtout, complètement polyvalent alors que le F-22 n'aura que des capacités air-sol limitées et aucune capacité aéronavale.
Quant au F-35, il s'agit d'un avion qui mise tout sur la furtivité et qui est essentiellement air-sol. Mais même dans ce domaine, ses capacités d'emport sont réduites. Ses problèmes de mise au point entraînent des surcoûts colossaux qui scandalisent régulièrement le Congrès. Son prix unitaire augmente fortement et il est fort probable que son coût de possession sera très élevé, car la furtivité est très exigeante en entretien. Cela dit, on ne peut pas nier que le F-35 soit un avion plus « jeune » que le Rafale. Mais c'est aussi un avion qui accumule les retards....

Récemment, une version navalisée de l'Eurofighter a été évoquée. Est-ce à votre avis possible vu que cet avion n'a pas été conçu pour cela à l'origine ?


L'Eurofighter souffre de très gros handicaps pour une navalisation : Tout d'abord de gros renforts de la structure (fuselage et voilure) sont nécessaires pour encaisser les chocs à l'appontage et au catapultage. Ce chantier, colossal, peut nécessiter de repenser toute l'architecture interne (cellule et aménagement). De même, le train d'atterrissage devra être renforcé... après avoir été entièrement reconçu car il est actuellement sous dimensionné (roues trop petites), court sur patte (faible garde au sol) et mal implanté (notamment roulette avant fixée sous les entrées d'air, donc sous une structure creuse qui ne résistera pas aux efforts du catapultage et de l'appontage). Par ailleurs, la vitesse d'approche de l'Eurofighter est élevée. Enfin, la visibilité à l'incidence d'appontage est faible à cause des « moustaches » dans le nez de l'avion.
Après, on peut toujours dire que tout est possible : c'est une question de prix.... A titre indicatif, Dassault Aviation avait fait une étude théorique sur une navalisation du Mirage 2000, il y a quelques années : la conclusion était qu'il fallait modifier 80 % de l'avion...

Les drones font l'objet d'un intérêt croissant depuis plusieurs années. Quelle est la stratégie de Dassault dans ce domaine. Des drones peuvent-ils, dans les prochaines années, se substituer aux flottilles embarquées ?


Avec le programme nEUROn de démontrateur technologique de drone de combat furtif, nous travaillons sur les drones en général. Nous n'avons pas de programme spécifiquement dédié au naval actuellement. Concernant l'avenir des flottilles embarquées, il nous semble que les drones interviendront en complément et non pas en substitution des avions pilotés, comme dans l'armée de l'air.
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Navantia : Nouveau poids lourd de l'industrie européenne

Navantia : Nouveau poids lourd de l'industrie européenne

Lancement d'une frégate du type 132 pour la Norvège
crédits : NAVANTIA


30/10/2008

Moins de trois milliards d'euros séparent désormais le carnet de commandes du groupe espagnol de celui de DCNS, leader européen de la navale militaire. Grâce au contrat remporté en 2007 contre les Français en Australie pour la construction de navires d'assaut, mais aussi la vente à ce même pays de destroyers lance-missiles, le carnet de commandes de Navantia atteint 6.2 milliards d'euros (*), contre 9 milliards d'euros pour son concurrent tricolore. La performance du groupe espagnol, qui a doublé son carnet de commandes depuis mars 2005, est d'autant plus remarquable que, contrairement à son homologue tricolore, il ne peut compter sur des programmes aussi lourds que ceux des sous-marins nucléaires. Leader européen de l'industrie navale militaire, DCNS garde, malgré une année 2007 contrastée, une longueur d'avance sur son concurrent mais aussi partenaire dans le cadre du programme Scorpène. Ainsi, le chiffre d'affaires du Français s'est maintenu à 2.8 milliards d'euros en 2007, contre 1.1 milliard pour Navantia. Malgré cet ascendant, à Paris, la montée en puissance du constructeur espagnol n'est pas prise à la légère, d'autant que DCNS doit toujours composer avec la concurrence de l'Allemand TKMS.


Lancement du Juan Carlos I (© : NAVANTIA)

Issu de la scission des chantiers navals civils et militaires espagnols, en 2004, Navantia bénéficie d'une importante charge de travail au profit de la marine espagnole. En mars, le bâtiment de projection Juan Carlos I a été lancé, alors qu'un cinquième destroyer du type F100 a été commandé et un sixième autorisé. Le groupe travaille, par ailleurs, sur le programme des quatre sous-marins du type S80, dont la livraison est prévue entre 2013 et 2016. Toujours pour l'Armada, la réalisation du pétrolier ravitailleur Cantabria se poursuit. Enfin, le programme des 14 patrouilleurs du type BAM a été lancé en 2005.


L'Australie a commandé deux BPE (© : NAVANTIA)

Sur le marché export, Navantia réalisera, au Ferrol, les deux BPE destinés à la marine australienne. Livrables en 2013 et 2014, les Canberra et Adelaide mesureront 230 mètres pour un déplacement de 27.800 tonnes en charge. Dotés de six spots d'appontage, ils pourront embarquer 12 hélicoptères lourds et quatre chalands de débarquement, ainsi que 150 véhicules et un millier d'hommes de troupe. Ces bâtiments de projection disposeront, comme le Juan Carlos I, d'un tremplin à l'avant du pont d'envol. Cette configuration permettra, éventuellement, de convertir ces bateaux en porte-aéronefs avec l'embarquement de F-35 B.


Destroyer du type F100 (© : COLLECTION FLOTTES DE COMBAT - GUY TOREMANS)

Les trois destroyers du type F100 commandés par l'Australie seront, en revanche, réalisés localement, aux chantiers ASC d'Osborne. Prévus pour entrer en service entre 2014 et 2017, ces bâtiments de 146.7 mètres et 5900 tonnes sont directement dérivés des Alvaro de Bazan espagnols. Ils disposeront notamment du système américain Aegis et de 48 cellules à lancement vertical pour missiles SM-2 MR et ESSM RIM. Une quatrième unité doit être commandée ultérieurement.


frégate norvégienne (© : NAVANTIA)

Signé en 2000, le contrat des cinq nouvelles frégates de la marine norvégienne se poursuit (type 132 - Fridtjof Nansen). Construit chez Navantia, au Ferrol, le Roald Amundsen et l'Otto Sverdrup, deuxième et troisième unités de la série, ont été livrés en 2007 et 2008. D'une longueur de 123.52 mètres pour une largeur de 16.8 mètres, le Roald Amundsen affiche un déplacement de 5130 tonnes en charge. Doté d'un système dérivé de l'Aegis américain, les bâtiments disposent de 32 missiles antiaériens ESSM RIM, 8 missiles antinavire NSM, un canon de 76 mm, 4 mitrailleuses de 12.7 mm, 4 tubes lance-torpilles et peut embarquer un hélicoptère NH 90. On notera que c'est le Français Sagem et son Vigy 20 qui ont été retenus pour fournir la conduite de tir optronique. La dernière frégate sera en service d'ici 2010.


Lancement Navantia propose une gamme complète de patrouilleurs (© : NAVANTIA)

Toujours à l'export, quatre corvettes de 102 mètres et 2600 tonnes doivent être livrée en 2011 au Venezuela, qui a également commandé quatre autres unités de 76 mètres et 1500 tonnes. Mise sur cale le 28 novembre 2007, la tête de série doit être opérationnelle en 2009.


Scorpène réalisé pour le Chili (© : NAVANTIA)

Cap sur le marché des sous-marins

L'un des grands challenges de Navantia est, actuellement, de se positionner sur le marché des sous-marins à l'export. Dans le cadre d'accord de coopération franco-espagnol, le groupe a réalisé avec DCNS les quatre sous-marins du type Scorpène commandés par le Chili et la Malaisie. Le second bâtiment malaisien a été récemment mis à flot à Carthagène. Mais Navantia souhaite désormais aller plus loin et voler sans les ailes de son partenaire français. Profitant des développements réalisés dans le cadre du programme Scorpène, le groupe a développé le S80.


Sous-marin du type S 80 (© : NAVANTIA)

Plus gros que le Scorpène, ce navire de 71 mètres et 2425 tonnes en plongée est doté de six tubes de 533 mm. Pour la marine espagnole, il mettra en oeuvre des torpilles lourdes allemandes DM 2-A 4, des missiles antinavire Harpoon et des missiles de croisière Tomahawk. Le système de combat (SUBICS) est, quant à lui, développé par Lockheed Martin. Navantia va, en outre, équiper le S80 d'un système de propulsion en circuit fermé UTC Power avec piles à combustible à base d'oxygène et de bioéthanol. Selon le constructeur, ce dispositif doit permettre au sous-marin d'opérer 15 jours en plongée, soit une autonomie de 2000 nautiques à 4 noeuds. Sur le papier, le S80 est donc très intéressant, mais il devra encore faire ses preuves en mer, les essais du premier bâtiment de ce type n'étant pas prévu avant 2011/2012.
Outre l'Armada espagnole, le S80 est désormais proposé à l'export, ce qui fut par exemple le cas en Turquie. Or, l'arrivée sur le marché de ce nouveau produit a provoqué la colère de DCNS, qui juge comme déloyale la concurrence faite au Scorpène, sur lequel le groupe français estime avoir réalisé le gros du développement. Le torchon brûlant entre les deux industriels depuis des mois, les Français auraient menacé de mettre fin à la coopération et de reprendre leur liberté commerciale.
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(*) 1.08 milliard d'euros ont été notifiés en octobre dernier sur un total de plus de 6 milliards pour les cinq bâtiments.

ODAS prend la suite de SOFRESA

ODAS prend la suite de SOFRESA : Interview de l'amiral Alain Oudot de Dainville


crédits : Mer et Marine - Gildas le Cunff de Kagnac



ECOUTER L'INTERVIEW

31/10/2008

Née le 11 avril dernier, la société ODAS a pris la suite de la SOFRESA (Société Française d'Exportation de Systèmes Avancés), structure créée en 1974 par le ministère de la Défense afin de développer les exportations de matériels français. Le capital d'ODAS est constitué depuis le 30 juillet, avec une participation de l'Etat à hauteur de 34%, le solde étant détenu par les grands industriels de l'armement (Thales, EADS, DCNS...) Dédiée aux contrats d'Etat à Etat, la société intervient pour la promotion des systèmes et équipements de défense et de sécurité (naval, aéronautique, terrestre, électronique). Elle mène la négociation des contrats, puis en assure la gestion. L'essentiel de son activité est, pour l'heure, constituée des contrats signés ou en cours de négociation en Arabie Saoudite. Dans le domaine naval, la France propose notamment au royaume saoudien d'acquérir de nouveaux bâtiments, dont une série de frégates.
L'amiral (2S) Alain Oudot de Dainville, qui a quitté son poste de Chef d'Etat-major de la marine en février dernier pour prendre la présidence de la SOFRESA puis d'ODAS, suit évidemment le dossier de très près. A l'occasion du salon Euronaval, nous sommes revenus avec l'ancien patron de la flotte française sur la naissance et les ambitions d'ODAS.
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Focus : Marines du Proche-Orient

Focus : Marines du Proche-Orient

Israël a commandé deux nouveaux Dolphin, dérivés du type 212
crédits : HDW


27/10/2008

La marine israélienne devrait recevoir en 2011 et 2012 les deux sous-marins du type Dolphin II commandés en Allemagne en 2006 (il s'ajouteront aux trois Dolphin livrés en 99 et 2000 par TKMS). Il n'est pas impossible qu'Israël remette en service, en attendant leur livraison, les deux anciennes unités du type Gal, modernisées en 2004 en Allemagne pour une revente éventuelle à une marine étrangère. Le Littoral Combat Ship (LCS) américain a par ailleurs été sélectionné en 2007 pour augmenter la flotte des corvettes lance-missiles. Les nouveaux bâtiments viendront renforcer les trois Saar V construites aux Etats-Unis en 1993-94.


Corvette du type Saar V (© : MARINE ISRAELIENNE)

On rappellera que l'une d'elles a été sérieusement endommagée par un missile chinois tiré par le Hezbollah libanais lors de la guerre de juillet 2006. L'attaque a fait quatre morts au sein de l'équipage mais le Hanit a, toutefois, été rapidement remis en état. La marine israélienne a enfin commencé à recevoir les patrouilleurs rapides des types Super Dvora Mk 3 et Shaldag commandés en 2005 ainsi que deux ex-bâtiments d'expérimentation transférés par l'Allemagne lors de la commande des Dolphin II et utilisés désormais comme navires de soutien.


Frégates saoudiennes du type F 3000 (© : US NAVY)

Arabie Saoudite

La marine saoudienne souhaite commander de nouveaux bâtiments antiaériens. Plusieurs modèles sont en lice, dont le Français FREMM, l'Américain LCS et le Britannique T45. Par ailleurs, la Makkah, l'une des trois frégates du programme Sawari II (F 3000), qui avait été gravement endommagée en 2004, a été remise à flot.


Corvette omanaise du type Khareef (© : VT SURFACE FLEET)

Sultanat d'Oman

La Marine omanaise a commandé aux chantiers britanniques VT Surface Fleet de Portsmouth trois corvettes lance-missiles du type Khareef . Longs de 98.5 mètres pour un déplacement de 2500 tonnes en charge, ces navires mettront en oeuvre 8 missiles antinavire Exocet MM40, 8 missiles Mica à lancement vertical, un canon de 76 mm, deux canons de 30 mm et un hélicoptère Super Lynx. La tête de série a été mise sur cale en octobre 2007 et doit être livrée en 2010, les autres suivant d'ici la fin 2011.
Dans le domaine du transport de personnel, Oman a touché en février et août 2008 les Shinas et Hormuz, deux catamarans civils pouvant être utilisés comme transports de troupes. De plus, cinq transports de personnel sont en cours de construction au chantier italien Rodriguez de Messine, dont le Haras 1. Enfin, la marine a reçu un bâtiment de débarquement de chars construit aux Emirats Arabes Unis.


Corvette du type Baynunah (© : CMN)

Emirats Arabes Unis

La Marine des EAU s'est séparée d'une des frégates du type Kortenaer achetée en 1996 aux Pays-Bas et fait maintenant porter ses efforts sur les six corvettes lance-missiles du type Baynunah. Construite aux CMN de Cherbourg, en France, la tête de série doit être mise à flot au premier trimestre 2009. Les cinq bâtiments suivants sont réalisés en transfert de technologie chez Abu Dhabi Shipbuilding (ADSB) avec l'aide technique française. Très armées, ces corvettes de 71 mètres et 800 tonnes embarqueront, chacune, 8 missiles antinavire MM40 Block3, deux systèmes de lancement vertical pour 8 missiles surface-air ESSM, un système surface-air RAM, une tourelle de 76 mm, deux canons de 30 mm, et disposeront d'un hangar et d'une plateforme pour un hélicoptère.
En plus de ces unités, bien adaptées aux opérations dans le golfe Persique, la marine des Emirats Arabes Unis seraient intéressés par l'achat des trois corvettes du type F2000 du sultanat de Brunei.
Alors que le premier d'une série de 12 patrouilleurs de 34 mètres a été mis sur cale cette année chez ADSB, deux chasseurs de mines du type 332 ont été acquis auprès de l'Allemagne.


Le Koweït modernise ses patrouilleurs BR 42 (© : US NAVY)

Qatar, Bahreïn, Koweït

La composition des marines du Qatar, de Bahreïn et du Koweït n'a pas changé ces deux dernières années. Celle du Qatar envisage à nouveau la commande de patrouilleurs lance-missiles pour remplacer ses unités les plus anciennes. Le Koweït devrait recevoir prochainement des vedettes rapides en provenance des Etats-Unis et, en attendant, modernise ses patrouilleurs du type BR 42.


Patrouilleur irakien (© : US NAVY)

Irak

La nouvelle marine irakienne a pris forme avec l'aide américaine et britannique. L'US Navy et la Royal Navy l'ont d'abord aidée à mettre en oeuvre les vedettes commandées par Saddam Hussein à la Chine. Elle a ensuite commandé quatre patrouilleurs du type Diciotti italien aux chantiers italiens Fincantieri. La mise sur cale de ces bâtiments est intervenue en janvier, avril, juillet et octobre de cette année aux chantiers Riva Trigoso de Gênes. En attendant leur livraison, en 2009 et 2010, les gardes-côtes italiens lui ont cédé six vedettes. L'Irak a maintenant un projet d'acquisition de petits bâtiments auprès de la Malaisie.


Sous-marin Kilo iranien (© : DROITS RESERVES)

Iran

La marine iranienne a entrepris la modernisation de ses sous-marins du type Kilo avec l'aide russe. De plus, elle continue à mettre en service régulièrement des sous-marins de poche plus adaptés aux eaux peu profondes du golfe Arabo-persique. La construction d'un nouveau sous-marin de poche aurait, ainsi, débuté cet été. Il en va de même des petits patrouilleurs et vedettes rapides, dont certaines de construction nord-coréenne, qui n'hésitent pas à harceler les forces occidentales et notamment l'US Navy. En revanche les frégates iraniennes du type Mowj, adaptation locale du type Vosper Mk 5 britannique, n'ont pas encore été observées à la mer bien que trois aient déjà été construites.
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Focus : Marines africaines.

Focus : Marines africaines. Avec Bernard Prézelin, auteur de Flottes de Combat

Frégate sud-africaine du type Meko A200
crédits : SOUTH AFRICAN NAVY


27/10/2008

Chaque jour, avec le soutien de Bernard Prézelin, Mer et Marine propose tout au long de la semaine un panorama des différentes marines internationales. Nous vous rappelons, d'ailleurs, que vous pouvez retrouver, dans le détail, l'ensemble des navires et leurs caractéristiques dans Flottes de Combat 2008. Pour commencer notre voyage sur les cinq continents, nous nous arrêtons sur l'Afrique, de la Méditerranée au cap de Bonne Espérance.


Sous-marin sud-africain (© : DCNS)

Afrique du Sud

La flotte sud-africaine a maintenant reçu tous les bâtiments qu'elle avait commandés à des chantiers allemands. Le troisième et dernier sous-marin du type 209/1400, le Queen Modjadji, a été mis en service en janvier dernier. Les quatre frégates du type Meko A200 sont également opérationnelles, mais la construction d'une cinquième unité, un temps envisagée, a été abandonnée cette année. L'Afrique du sud envisage désormais de commander deux bâtiments de projection et une série de six à 10 patrouilleurs océaniques d'au moins 80 mètres, livrables à partir de 2011. Les chasseurs de mines sud-africains pourraient également être remplacés.
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Corvettes marocaines du type Sigma (© : SCHELDE)


FREMM (© : DCNS)

Maroc

Les marines du Maghreb sont en pleine expansion, à l'image de la flotte marocaine. Après l'acquisition de deux frégates de surveillance auprès de la France en 2002 et 2003, elle a commandé trois corvettes du type Sigma aux Pays- Bas, une frégate multi-missions (FREMM) à la France et quatre patrouilleurs de 70 mètres à la société lorientaise Raidco Marine.
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Patrouilleur de 30 mètres pour l'Algérie (© : BERNARD PREZELIN)

Algérie

La marine algérienne, qui ne veut pas être en reste, s'intéresse à son tour au renouvellement de ses frégates. Au moins deux grosses unités seraient souhaitées. La FREMM française, la type 125 allemande et la F100 sont en compétition. L'acquisition de petites frégates russes du type Steregushchiy (ou Gepard) a également été évoquée. Les chantiers russes livreront en tous cas à l'Algérie, en 2009 et 2010, deux nouveaux sous-marins du type Kilo, commandés en 2006. En ce qui concerne les patrouilleurs, 21 unités de 30 mètres ont été commandées en janvier dernier au chantier français Ocea. Enfin, l'Algérie souhaiterait acquérir deux porte-hélicoptères d'assaut, afin de remplacer ses actuels bâtiments de débarquement.
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Patrouilleur du type RPB-20 (© : MARINE NATIONALE)

Tunisie

Ne pouvant compter, comme sa voisine, sur l'importante manne issue de la vente des produits pétroliers et gaziers, la marine tunisienne ne peut pas, quant à elle, se permettre l'acquisition de grands navires neufs. C'est pourquoi elle a seulement acquis six patrouilleurs lance-missiles d'occasion auprès de l'Allemagne en 2005. Elle s'intéresserait, par ailleurs, aux vedettes de 20 mètres RPB 20 conçues par Raidco Marine. Quatre unités de ce type pourraient être acquises pour assurer les missions de garde-côte.
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Gowind (© : DCNS)

Lybie

La marine libyenne, pour sa part, devrait acquérir une partie des ex-bâtiments de la Marine yougoslave dont le Monténégro ne veut plus. Mais elle serait également intéressée par des corvettes (la Gowind française serait présentée).
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Chasseur du type Osprey (© : US NAVY)

Egypte

L'Egypte a acquis auprès du Monténégro et de la Finlande des patrouilleurs lance-missiles du type « Osa I » russe, désarmés depuis plusieurs années, afin de les remettre pour partie en service. Le programme des trois patrouilleurs lance-missiles du type Ambassador a été relancé le mois dernier. La construction doit commencer l'an prochain chez Halter Marine, pour une mise en service entre 2011 et 2013. Enfin, les Etats-Unis ont transféré à l'Egypte deux chasseurs de mines récents du type Osprey.
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En savoir plus sur Flottes de Combat 2008

Andrasta : Sous-marin de poche pour opérations côtières

Andrasta : Sous-marin de poche pour opérations côtières

Le sous-marin Andrasta, de DCNS
crédits : DCN


27/10/2008

D'abord nommé SMX-23 lors de sa présentation à Euronaval 2006, le nouveau sous-marin de DCNS s'appelle désormais Andrasta. Issu d'un « concept ship » qui avait pour but d'anticiper l'avenir, est aujourd'hui proposé à de nombreux prospects. L'Andrasta est un petit sous-marin de 48.8 mètres dont le déplacement est d'environ 1000 tonnes en plongée : « Les fabricants de sous-marins ont tendance à surenchérir sur des bateaux très performants, alors que les marines ont de moins en moins d'argent », explique Jean Gauthier, architecte naval à DCNS, spécialisé dans les sous-marins. Sur les derniers contrats enregistrés, plusieurs pays, comme le Chili ou la Malaisie, n'ont d'ailleurs commandé que deux unités, soit le strict minimum pour disposer d'une flotte sous-marine. « Certaines marines qui n'avaient pas les moyens pourront acquérir des sous-marins et d'autres pourront acheter plus de deux navires ».


L'Andrasta (© : DCNS)

Cette nouveauté ne se veut, néanmoins, pas une concurrence au Scorpène, beaucoup plus sophistiqué et réservé à des Etats souhaitant mener des opérations océaniques. Toutefois, avec l'Andrasta, le groupe français souhaite provoquer une véritable rupture commerciale sur le marché, en proposant un navire spécialisé dans le combat côtier et surtout bien moins cher qu'un bâtiment classique, comme le Scorpène ou le type 214 allemand. « Nous avons cherché, fonction par fonction et mission par mission, où il était possible de réduire les coûts », souligne Jean Gauthier. Pour parvenir à proposer un submersible 50% moins onéreux, les architectes de DCNS sont donc revenus aux fondamentaux : « Ce bateau est avant tout dissuasif, sa seule présence devant dissuader un agresseur de s'approcher des côtes. Il est robuste, simple d'utilisation et de maintenance, n'avance qu'à 15 noeuds et ne plonge qu'à 200 mètres, ce qui est un bon compromis pour naviguer par petit fond et patrouiller le long des côtes ».


L'Andrasta (© : DCNS)

Le concept de la mine intelligente

En 2004, DCNS (alors DCN) avait présenté le SMX-22, un nouveau concept alliant un grand submersible (vaisseau mère) à deux plus petits. De cette étude, les clients potentiels se sont surtout intéressés aux « baby soum », petits mais suffisamment armés pour constituer une menace importante pour l'adversaire. Sans le sous-marin mère, qui assure l'autonomie du groupe, le concept du « baby soum » pouvait être réutilisé pour la protection des zones littorales, la proximité des bases navales permettant de se dispenser d'une grande autonomie. D'un déplacement de 855 tonnes en surface, contre 1550 tonnes pour le Scorpène, l'Andrasta pourra atteindre 1850 milles à 8 noeuds et 3000 milles à 4 noeuds. A cette vitesse, il pourra rester en plongée, sur batteries, pendant 60 heures, son autonomie pouvant atteindre 15 jours. Côté armement, le sous-marin sera doté de six tubes, sans recharge. Il pourra aussi bien embarquer des torpilles que des missiles à changement de milieu (type Exocet SM39) ou des mines, dont la pose au large des côtes est beaucoup plus aisée avec un navire 800 tonnes qu'une unité de 2000 ou 4000 tonnes. Armé par un équipage de 19 hommes, l'Andrasta est enfin conçu pour pouvoir mettre en oeuvre des commandos pour les opérations spéciales. L'ensemble donne à ce bateau une capacité d'attaque identique à celle un sous-marin classique (l'autonomie en moins). A l'instar de la mine, redoutée par toutes les flottes, la présence de ce bâtiment dans des eaux côtières doit avoir le même effet psychologique, tout agresseur étant en droit de craindre l'attaque d'un sous-marin tapis sur le fond et, pour ainsi dire, quasi-indétectable.


L'Andrasta (© : DCNS)

Une surprise : la discrétion acoustique

Pour parvenir à proposer deux sous-marins pour le prix de quatre, les ingénieurs de DCN n'ont utilisé que des technologies connues et éprouvées, avec un choix de matériels sur étagères, notamment des équipements civils. L'équipe projet a, de plus, été contrainte de rogner sur toutes les dépenses superflues. Toutefois, à mesure des études, le concept du SMX-23 a révélé quelques très bonnes surprises, notamment en matière de signature : « Quand nous avons lancé l'affaire, nous n'avions pas prévu d'argent pour l'acoustique, estimant que les bruits de fond étaient suffisants pour limiter la signature. Mais, à mesure que nous progression, nous nous sommes rendus compte que la propre architecture du navire apportait des résultats. Il y a, en effet, peu de réfrigération, peu de réglages de la pesée, peu d'auxiliaires et peu d'équipages. La discrétion acoustique est donc meilleure ». Sa petite taille permet également au bateau d'évoluer avec plus de souplesse par petits fonds et de se poser rapidement pour se mettre à l'abri au sein d'un environnement bruyant. Imaginant que l'Andrasta serait surtout utilisé lors de patrouilles en surface, notamment pour des missions de contrôle du trafic maritime, on notera que le kiosque, qui comporte deux étages, est doté d'une passerelle de navigation panoramique. Cet abri fermé offre une vision à plus de 180 degrés.
Sur le marché, DCNS vise des marines souhaitant accroître leur flotte sous-marine pour le même budget, ou des pays dépourvus de cette composante navale. Certains clients potentiels hésitent, en effet, à se doter d'une sous-marinade. Selon Jean Gauthier : « Certains éprouvent beaucoup d'inquiétudes et, pour les marines qui acquièrent des sous-marins pour la première fois, les équipages naviguent souvent, les premières années, en surface ou en immersion périscopique. La simplicité et la robustesse de l'Andrasta doit, justement, contribuer à rassurer les marins qui n'ont jamais eu de sous-marins ». Dans cette perspective, un programme complet de formation des équipages est prévu pour les éventuels contrats à venir, un savoir-faire que DCNS a déjà vendu à la Malaisie, qui recevra dans quelques mois son premier Scorpène. Des prospects pourraient être intéressés en Asie ou en Amérique du sud, mais on parle aussi beaucoup, ces temps-ci, du Moyen-Orient.


L'Andrasta (© : DCNS)

Gowind : Les ambitions de DCNS sur le marché des corvettes et des OPV

Gowind : Les ambitions de DCNS sur le marché des corvettes et des OPV

L'une des nouvelles corvettes Gowind
crédits : DCNS


27/10/2008

Le groupe naval français a totalement revu sa gamme de navires de combat de petit tonnage. Lancée en 2006, une première version des corvettes Gowind n'avait eu qu'un succès modéré. Ces bateaux de 1000 à 2000 tonnes présentaient certes de belles lignes et un équipement conséquent, mais ils étaient avant tout conçus comme de petites frégates très armées. Or, il s'est avéré rapidement que de nombreux prospects avaient des budgets trop contraints pour acquérir ce genre d'unités. D'autres n'étaient pas intéressés par des corvettes trop complexes, préférant des navires simples et robustes du type OPV (Offshore Patrol Vessel), bateaux endurant à même de mener de longues patrouilles en mer. DCNS a donc totalement revu sa copie pour présenter de nouvelles Gowind, plus économiques et mieux adaptées aux besoins actuels. « Ces dernières années, les missions ont évolué en matière de sauvegarde maritime. On constate par exemple un besoin croissant en matière de lutte contre la piraterie et contre le narcotrafic. Il était donc intéressant d'avoir une gamme de navires répondant à ces missions mais assez configurables pour assurer également des missions de combat, avec une graduation entre les deux », explique Marc Leroy, Directeur ligne de produits Bâtiments de Surface au sein de DCNS.


Gowind (© : DCNS)

Simples, économiques et facile à construire localement

De la police des pêches à la mise en oeuvre de forces spéciales en passant par la surveillance et la lutte antinavire, la nouvelle famille Gowind doit couvrir un éventail très large de missions. « Nous avons imaginé un bateau simple à mettre en oeuvre et à maintenir, présentant des coûts très compétitifs et doté de systèmes pouvant s'adapter aux missions ». Un important travail a été mené sur l'architecture du navire, une architecture simple permettant de décliner avec souplesse différentes versions. Cela permet également de prévoir une construction facile, à même de répondre aux contrats en transfert de technologie. « Nous pensons que pour ces bateaux, nous aurons presque systématiquement des contrats en transfert de technologie. La conception est donc très simple, permettant une construction dans presque tous les chantiers du monde », souligne Marc Leroy. Construites aux standards civils pour la partie plateforme, les Gowind bénéficient par exemple d'une propulsion très simple. Elle s'articulera autour de deux lignes d'arbres disposant chacune d'un réducteur, d'un moteur diesel et d'un petit moteur électrique. « Jusqu'à 6 ou 7 noeuds, pour les manoeuvres portuaires ou les navigations à faible vitesse, le petit moteur électrique prendra le relais du diesel. Cela permet de ne pas encrasser les diesels et de naviguer sans rejet dans des zones sensibles ».
Outre l'architecture simplifiée permettant une construction locale aisée, DCNS développe dans le même temps des services pour accompagner les marines émergentes. Cette offre va de l'assistante à la définition du besoin opérationnel jusqu'aux aides au financement, sans oublier évidemment des formules de maintenance « clés en main » sur des périodes déterminées.


(© : DCNS)

Différents modèles pour différentes missions

Les nouvelles Gowind se déclinent en trois versions principales, chacune pouvant être bien évidemment adaptée aux besoins exprimés par les marines intéressées. D'une longueur de 85 à 105 mètres, ces bâtiments affichent des déplacements allant de 1000 à 2500 tonnes. Faiblement armée (canon de 76 mm et artillerie légère), la Gowind Control est dédiée à la sauvegarde maritime dans les Zones Economiques Exclusives (ZEE). Ce modèle est notamment armé avec un canon de 76 mm, de l'artillerie légère et des missiles antinavire. Elle dispose d'une plateforme hélicoptère mais pas de hangar, contrairement aux autres modèles.

Plus grosse, la Gowind Presence doit assurer également assurer des missions de sauvegarde mais sa taille plus volumineuse lui permet de patrouiller plus longtemps. L'autonomie est importante, affichant 5000 nautiques à 12 noeuds (contre 3500 nautiques à 12 noeuds pour la Gowind Control), soit un déploiement d'environ deux semaines. « Nous sommes sur des navires océaniques, capables de tenir la mer de rester un certain temps en opération. Les intérêts maritimes des pays vont jusqu'aux limites des ZEE et, quand on regarde ce qui se passe avec la piraterie en océan Indien, il faut souvent contrôler des zones assez éloignées des ports ». La capacité d'intervention rapide est par ailleurs renforcée sur la Gowind Presence, avec un hangar pour un hélicoptère ou des drones. Conçue sur la même coque, la Gowind Action dispose d'équipements plus importants. En matière d'autodéfense, l'armement peut être complété avec des missiles surface-air à lancement vertical (Mica VL, Umkhonto, Crotale...). On notera par ailleurs qu'à l'instar de la Gowind Control, la possibilité d'embarquer le nouveau missile Exocet MM40 Block3, doté d'un GPS, confère à ces unités une capacité de frappe contre des cibles côtières.

Sur la Gowind Action, les moyens de détection sont également renforcés, avec un radar tridimensionnel, par exemple le MRR 3D de Thales (au lieu d'un radar 2D ou radar de navigation). Dans la version la plus armée, il est également possible d'ajouter des moyens de vision nocturne (infrarouge) et même des lance-leurres.
Ces trois versions de la Gowind restent, néanmoins, des « points de référence ». Comme l'explique Marc Leroy : « Il n'y a pas d'idées figées. Ce sont de grands points de référence correspondant à des missions types. Ensuite, la taille et l'équipement dépend des besoins spécifiques du client, qui peut d'ailleurs panacher plusieurs modèles ».
Enfin, DCNS a conservé une version de la précédente famille Gowind, présentée en 2006. La Gowind Combat, d'environ 2000 tonnes, n'est autre que le modèle qui doit être réalisé à deux exemplaires pour la Bulgarie.


La Gowind Combat (© : DCNS)

Mise en oeuvre rapide d'embarcations d'intervention

Afin de déterminer les grandes caractéristiques générales des nouvelles Gowind, DCNS s'est rapproché de ses clients, à commencer par le premier d'entre-eux : La Marine nationale. Dans les discussions, l'importance de la mise en oeuvre de moyens d'intervention nautiques est rapidement apparue. Cette nécessité est issue du retour d'expérience des marins en matière de contrôle de navires ou d'intervention contre des trafiquants de drogue ou des pirates. « Il est très important de pouvoir mettre rapidement une embarcation à l'eau pour mener une interception. Et il faut pouvoir assez vite pouvoir en déployer une seconde qui va assurer l'appui de la première ». Les ingénieurs ont travaillé avec les commandos marine sur le système de mise à l'eau rapide d'embarcations. Plutôt qu'un logement des embarcations en niches et une manutention par bossoirs, dispositif imposant au bâtiment porteur de ralentir pour la mise à l'eau, un système par pan incliné et ouverture par le tableau arrière a été retenu. « Ce système permet une mise à l'eau discrète tout en gardant une certaine course. De plus, la mise à l'eau permet de protéger partiellement l'embarcation lorsque la mer est mauvaise ». Les Gowind pourront embarquer des canots allant jusqu'à 11 mètres, soit la taille des embarcations utilisées par les forces spéciales.


Gowind (© : DCNS)

Système d'information et moyens de surveillance

Amenées à évoluer dans de vastes zones maritimes, les Gowind sont dotées d'une mâture unique, rassemblant les senseurs. Elles disposent de moyens leur permettant de s'intégrer dans un dispositif de surveillance comprenant différents moyens, qu'il s'agisse de navires, d'aéronefs, de drones et de satellites. « En matière de surveillance, l'information est très importante. Il y aura une bonne présentation de la situation tactique, des systèmes de communication par satellite ou encore des moyens de surveillance infrarouge. Dans le domaine des radars, la mâture intégrée est prévue pour pouvoir accueillir des radars comme le MRR 3D ou le Sea Giraffe. On peut même installer des systèmes un peu plus gros, comme le SMART-S de Thales ». Les corvettes disposent en outre d'une passerelle panoramique, offrant une bonne vieille optique, par exemple contre les menaces asymétriques. A ce sujet, les Gowind peuvent être dotées de moyens gradués contre ce type de lutte, allant des canons à eau jusqu'aux canons de 12.7 mm ou 20 mm téléopérés. La passerelle panoramique permet aussi de voir directement le pont d'envol et l'installation de mise à l'eau des embarcations.


Gowind (© : DCNS)

Pour les grandes flottes et les marines émergentes

Présentée pour la première fois en septembre, lors d'un salon en Afrique du sud, la nouvelle famille Gowind suscite déjà beaucoup d'intérêt. La nécessité générale de renforcer les moyens de surveillance maritime et la souplesse de conception du nouveau produit de DCNS font que la corvette française semble trouver un premier écho très favorable sur le marché. A l'export, le potentiel de ventes serait important, d'autant que l'industriel a travaillé sur un produit économiquement accessible et pouvant être facilement construit localement. Mais la nouvelle Gowind ne s'adresse pas uniquement aux marines émergentes. DCNS peut notamment présenter sa corvette à la Marine nationale en vue d'assurer le remplacement, au cours de la prochaine décennie, des 9 avisos encore en service. A défaut d'avoir pu commander des frégates multi-missions (FREMM) pour leur succéder, la flotte française est en effet à la recherche de grands patrouilleurs hauturiers, peu coûteux, endurants et économiques à entretenir. On notera également que les Gowind disposent de capacités de transport de matériel, notamment sur la plage arrière.

De nouvelles frégates modulaires pour succéder à la famille La Fayette

De nouvelles frégates modulaires pour succéder à la famille La Fayette

DCNS présente une nouvelle famille de frégates : Les FM 400
crédits : DCNS


27/10/2008

C'est la toute nouvelle famille de frégates imaginée par les bureaux d'études de DCNS. Bénéficiant des développements du programme FREMM, les Frégates Modulaires 400 (FM 400) sont dédiées au marché export. Appelée à prendre la succession des frégates légères furtives de type La Fayette, cette nouvelle gamme occupera le segment des frégates de moyen tonnage, entre la famille Gowind et la famille des frégates multi-missions (FREMM). La grande différence par rapport aux FLF, pour lesquelles DCNS avait développé des dérivés de la plateforme française (Taïwan, Arabie Saoudite, Singapour), est que cette fois l'industriel a, d'emblée, imaginé une gamme complète, versatile, pouvant s'adapter à des besoins variés de clients n'ayant pas forcément les mêmes attentes.


FM 400 dans sa version de base (© : DCNS)

Longue de 126 mètres pour une largeur de 17.5 mètres, la famille FM 400 se déclinera en quatre versions spécialisées, dont le déplacement sera compris entre 3500 et 4500 tonnes. Ces frégates pourront aisément s'intégrer dans une task force navale internationale, grâce à ses systèmes interopérables, compatibles des standards OTAN, en apportant des capacités nouvelles et attendues, comme l'intégration navale des drones, spécialement étudiée pour cette famille.


FM 400 (© : DCNS)

Mâture unique, RIB et drones

La version dite d'emploi général (General Purpose) est spécialement étudiée pour les budgets les plus contraints. Cette version de base comprend toutefois des capacités accrues par rapport aux La Fayette en service dans la Marine nationale. L'armement standard comprend un canon de 76 mm, 8 missiles antinavire MM40 Exocet et 16 à 32 missiles antiaériens à lancement vertical. Les principaux senseurs sont, quant à eux, intégrés au sein d'une mâture unique, afin d'assurer une visibilité maximum depuis la passerelle.
Un système de lancement et de récupération rapides d'embarcations légères (RIB) est prévu à partir du tableau arrière (version améliorée du système existant sur les La Fayette).
La FM 400 dispose de toutes les facilités aéronautiques pour mettre en oeuvre un hélicoptère lourd (NH90 ou deux légers (Panther) et, principale nouveauté, des drones aériens (UAV). Il sera également possible d'embarquer des drones de surface et, éventuellement, des drones sous-marins.


RIB sous la plage arrière (© : DCNS)

Une frégate de base, trois frégates spécialisées

S'adressant aux marines ne souhaitant pas acquérir un niveau de capacités complètes et de projection de puissance équivalent à celui des FREMM (6000 tonnes, 147 mètres), la FM 400 ne peut, en raison de sa taille, disposer du même potentiel que sa grande soeur. Selon DCNS, ses équipements de base restent néanmoins suffisants pour lui assurer une excellente autoprotection dans tous les domaines de lutte. Et il est ensuite possible de développer certaines capacités sur trois domaines de lutte principaux, pour en déduire des versions de la frégate, dites spécialisées.
Ainsi, la version anti-sous-marine de la FM 400 (ASW) est dotée d'un sonar actif-passif remorqué et de tubes lance-torpilles.
Il est également possible de renforcer la capacité antiaérienne de la version de base. Dans cette configuration (AAW), la FM 400 dispose d'un radar de veille 3D de plus grande portée et des missiles Aster (15 ou 30), d'une portée de 70 kilomètres. Le nombre des munitions peut passer alors de 32.
Une quatrième déclinaison est enfin proposée par DCNS dans le domaine de l'action vers la terre (Land Attack). Dans ce cas, le canon de 76 mm est remplacé par une tourelle de 127 mm, alors que la capacité de mise en oeuvre des forces spéciales (commandos) est accrue.


FM 400 version antiaérienne (© : DCNS)


FM 400 version ASM (© : DCNS)


FM 400 version land Attack (© : DCNS)

Menaces asymétriques

Dès la conception du navire, le développement des menaces asymétriques a été pris en compte. Comme l'expérience de l'attentat contre le destroyer USS Cole l'a démontré en 2000, les grands bâtiments de combat peuvent être mis hors de combat par une simple embarcation chargée d'explosifs. Or, jusque là, les navires de haute mer disposaient de moyens assez limités pour repousser ce type d'agression. Au niveau de la veille, le concept de la mâture intégrée permet, grâce à une vision à 360 degrés, de répondre à cette problématique, dans laquelle les moyens IR (infrarouge) et les JVN (jumelles de vision nocturne) ont aussi un rôle important. En matière d'équipements, la mise en place sur la FM 400 de canons téléopérés aux quatre coins du bateau (2 affûts à l'avant et un à l'arrière), couvrant 360 degrés, offrira une bonne protection contre les menaces asymétriques. Il sera également possible d'installer des moyens non létaux, comme des canons à eau.

Bâtiment de haute mer pour des marines régionales

Avec ce produit, DCNS vise les marines régionales pour lesquelles le groupe français a souhaité concevoir un navire de combat à la fois au prix très compétitif et capable d'évoluer en zone littorale, mais aussi en haute mer. Grâce à ses dimensions, la FM 400 pourra opérer en dehors des zones côtières. Cette frégate « océanique » présente une bonne endurance, étant capable de franchir 7500 nautiques à une vitesse opérationnelle. La FM 400 dispose par ailleurs d'équipements lui permettant d'opérer de jour comme de nuit (veille infrarouge, jumelles de vision nocturne, accueil de l'hélicoptère par nuit noire et sans lumière ...)


Un système propulsif flexible (© : DCNS)

Propulsion : Trois lignes d'arbres et waterjet

Afin d'équiper sa nouvelle gamme de frégates de moyen tonnage, DCNS a adopté un système propulsif novateur pour des bâtiments militaires de ce type. Articulée autour de trois lignes d'arbres, la propulsion des FM 400 se veut à la fois simple, fiable et économique. Les deux lignes d'arbres latérales, s'achevant par une hélice, seront entrainées par un moteur diesel semi-lent (au lieu d'un moteur rapide utilisé habituellement sur les frégates). Plus simples et plus robustes, ces équipements que l'on retrouve dans le secteur civil doivent permettre de baisser la consommation des navires. Ils permettront à la frégate d'atteindre la vitesse de 23 noeuds avec une faible consommation. L'autonomie sera conséquente, avec 6500 nautiques franchissables à 15 noeuds.
La ligne d'arbres centrale offre, quant à elle, la meilleure tenue au choc, et servira pour les allures les plus discrètes. Equipée non pas d'une hélice mais d'un waterjet, elle est entrainée soit par un moteur diesel rapide (avec une allure maximale de 25 à 26 noeuds), soit par une turbine à gaz permettant à la frégate de marcher à 29 noeuds.

Reprise des technologies de FREMM

Pour concevoir cette nouvelle famille de frégates, DCNS s'est appuyé sur les développements technologiques menés dans le cadre du programme FREMM. Le bâtiment est par exemple très automatisé, ce qui permet de réduire son équipage (selon les versions de 80 à 110 personnes, la capacité en logement étant de 130 hommes) par rapport aux La Fayette (140 marins). La FM 400 dispose d'un réseau d'échanges de données multiservices permettant la transmission instantanée des informations provenant des différents systèmes (système de combat, système de management de plateforme...) Par rapport à la génération des La Fayette, où on compte une vingtaine de réseaux embarqués, les nouvelles frégates n'en n'auront plus qu'un seul. Cette évolution permet, selon le constructeur, d'améliorer l'efficacité et de faciliter la maintenance.


Des conteneurs peuvent être ajoutés (© : DCNS)

Architecture ouverte

La FM 400 bénéficie en outre d'une architecture « ouverte », autorisant des évolutions en cours de vie grâce à des volumes disponibles importants. C'est aussi grâce à ces volumes interchangeables que le navire peut être décliné en plusieurs versions. Ainsi, à l'arrière, la FM 400 peut aussi bien être dotée de RIB, de drones ou d'un sonar remorqué, chaque configuration nécessitant une machinerie spécifique et des conteneurs associés. « Nous avons exploité le retour d'expérience de La Fayette et tout ce que nous pouvions apporter grâce au développement de FREMM. C'est un bateau endurant qui dispose d'une bonne autodéfense dans tous les domaines, y compris contre les menaces asymétriques, et se montre très adaptable, si le client souhaite accentuer une capacité dans un domaine de lutte au choix », explique-t-on chez DCNS. Bien entendu, la famille FM 400 n'a pas pour but de se substituer aux FREMM, bien que les deux types de frégates présentent un air de famille. « Pour embarquer des armements plus puissants et disposer des moyens nécessaires en matière de guerre électronique, il faut de la place, en particulier pour éviter les gênes mutuelles (électromagnétiques...) Une vraie capacité multi-missions nécessite de passer à un navire de 6000 tonnes ».


FREMM (© : DCNS)